À Béziers, le nouveau Conservatoire de musique et de danse flanque le Théâtre des Variétés, joyau « art nouveau » de 1909. Entre ces deux époques, un espace hybride a vu le jour : le « patio-foyer ». Lieu de passage le jour, foyer animé le soir, il incarne une fusion subtile entre usages et esthétiques, où chaque détail raconte une histoire.
La façade aveugle du théâtre, habillée d’un manteau d’arlequin, joue les premiers rôles. Ce mur, à la fois décor et solution acoustique, surplombe les portes aux boiseries colorées de la salle de spectacle. Sous les pieds, des seuils évasés en terrazzo de pierre dessinent, la transition entre les deux institutions.
Sous la verrière, un lustre se déploie : grandes suspensions contemporaines et verreries opalescentes en forme de fleurs composent un ensemble léger, suspendu dans le vide. En contrebas, des appliques florales parsèment les murs, tandis que le parquet en bois sur chant, relié au vieux théâtre par des lignes de laiton rappelle les sols des salles de danse du
Conservatoire.
Dans la partie la plus basse de plafond, un kiosque cylindrique et fermé fait office de point de rencontre. Le jour, il affiche les annonces et les spectacles à venir, comme une colonne Morris revisitée. Lors des soirées de représentation, le kiosque s’ouvre en un bar, ses volets redressés et rayonnants, il devient le tambour battant de l’entracte.
Ainsi s’entremêlent, dans ce « patio-foyer » hybride les écritures, les styles, les usages des deux institutions, créant le cœur vivant de ce projet ambitieux.
Architectes : Archidev
Architectes du patrimoine : Covalence Architectes
Photos : Marie-Caroline Lucat